
FZ – Est-ce que cet album est une sorte de carnet de voyages, une sorte de journal intime ?
BH – C’est vrai qu’il y a un aspect « journal intime » dans cet album. C’est aussi basé sur les expériences que les gens traversent autour de moi, des choses que j’ai vécues, et des situations que j’imagine. Mais j’espère surtout que cet album soit comme une conversation entre les gens qui l’écoutent et le groupe, une conversation entre la musique et ceux qui l’écoutent.
FZ – Est-ce que certains titres sont nés pendant les balances, et est-ce que certaines choses sont nées de l’inspiration des autres membres des Innocent Criminals ?
BH – En fait toutes les chansons sont nées pendant les balances de la tournée. Et en fait, toutes les chansons, sauf « Lifeline » et « Paris sunrise #7 » sont nées de la collaboration du groupe et de moi-même. Nous avons encore poussé les limites de notre collaboration, et rien ne pouvait me faire plus plaisir. Ils m’ont permis d’aller encore plus loin. Et à chaque balance, si une nouvelle idée faisait son apparition, je la retravaillais dans ma chambre d’hôtel ou dans le tour-bus. J’écrivais des paroles, je la ramenais le lendemain, on la jouait, et le tour était joué. Et après une tournée de 2 mois, on avait tout ce qu’il fallait pour aller enregistrer en studio. Et on a eu de la chance d’avoir le Studio Gang, donc tout s’est plutôt bien goupillé.
FZ – Pourquoi « Paris Sunrise #7 » ? Etait-ce la 7ème prise ?
BH – En fait, c’était la première prise. Mais on a enregistré et mixé l’album en 7 jours, donc on n’avait pas de temps à perdre. On commençait à midi et on finissait à 5h du matin le lendemain. Et à chaque fois qu’on sortait du studio, le soleil se levait, et les gens allaient travailler. Et le 7ème jour, j’ai dit aux autres « C’est incroyable, c’est le 7ème lever de soleil que l’on voit à Paris, peut-être que ça pourrait être le nom d’une chanson ».
FZ – Vous avez enregistré sur du matériel analogique. Ca lui donne un côté très « soul music », façon Stax dans les années 60. C’est un choix délibéré ?
BH – J’avais espéré que ce disque pourrait représenter en quelques sortes une soul des « temps modernes ». J’ai été élevé avec ces sons de soul californienne, de Motown, de Stax, et j’ai toujours voulu amener ma propre définition de la soul sur un disque. Il a fallu le travail collectif du groupe et du matériel analogique, et se trouver à Paris, et voilà !
FZ – Pourquoi avoir choisi d’enregistrer à Paris ?
BH– Parce que Paris est l’une des capitales avec le plus d’âme. Il y a une sorte d’électricité dans l’air que j’ai toujours voulu capturer pour l’un de mes albums.
FZ – Après cet album très soul, penses-tu faire un jour un album entièrement reggae ?
BH – En fait je suis en train de le programmer, avec au moins 3 des membres des Wailers, et Lee Scratch Perry à la production. Donc on en parle, mais le projet est déjà bien avancé.
FZ – Va-t-il y avoir une tournée « Lifeline » ?
BH – Oui, c’est pratiquement certain. Ce sera une tournée plus intime, dans de petites salles.
(Interview F.Zégut - Lauriane Fiorentino)
3 commentaires:
Merci Francis pour cette interview. Ainsi donc Ben Harper travaille sur un futur album reggae : ça c'est de la news !
J'ai pu entendre quelques titres du nouvel album sur une radio US, ça a l'air pas mal du tout !
Très sympa. Merci :) :)
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