- Alors qu’Eric Clapton rend hommage au gars Robert du Mississippi « Me and Mr Johnson » et qu’Aerosmith reprend des standards de blues « Honkin’ on Bobo », l’irlandais de Belfast, Gary Moore sort « Power Of The Blues ». La pochette est déroutante ! Elle est recouverte de graffs ! Je ne sais pas ce qu’en penseront les habitants de Béttencourt La Longue, mais au premier regard, on croit découvrir le nouveau single des Suprêmes Connasses « J’ai une Grenouille au bout de la Teub ».
Passé ce petit doute, on se plonge très rapidement dans ce qui est une bien belle pièce de ce revival Belouze. Depuis « Still Got The Blues » en 1990, Gary Moore a retrouvé la motivation de jouer après une carrière de hard rocker pour son propre compte et en d’autres époques avec Thin Lizzy, Colosseum 2 et Skid Row. Ce qui surprend la poule naine à la première écoute c’est le son ! Une bien belle production signée Gary Moore et Chris Tsangarides ! Ca fouette l’air, c’est incisif, ça enlève la peau de la Rosette de Lyon mais tout dans le respect ma p’tite dame ! Sept compositions originales, trois reprises dont une mémorable de « I Can’t Quit You Baby » de Willie Dixon. Gary Moore à un physique à jouer dans « Gangs Of New York » c’est sûr, mais quand il joue de la guitare c’est pas autour, c’est dedans !
- Depuis quelques temps, j’entends des gémissements venir du sommet de colossaux tas d’euros. A en croire ces notables comptables de l’industrie discographique, la cause de tous ces maux est le téléchargement sur Internet, les vilains pirates !
Ah bon ! Et l’overdose marketing, cela ne sert pas à gagner beaucoup d’argent très vite et à en perdre tout autant lorsque les beaux produits manufacturés sont des flops ? Et les regroupements de majors, ça ne sert pas à faire de la restructuration, du beau plan social, du licenciement en se plaquant derrière le démoniaque Alain Ternet ?
Le drame de la France en ce moment, c’est que la musique se fait avec des yeux qui regardent des colonnes dans lesquelles des chiffres s’entassent sans aucune mélodie.
LA MUSIQUE C’EST D’ABORD AVEC LES OREILLES BORDEL !
Et puis, je vous l’affirme, il y a des groupes en France qui ont du potentiel. Il faut leur laisser le temps de grandir, le temps de jouer dans des petits endroits, de passer à la télévision (ah oui, c’est vrai, ce n’est plus possible même sur les chaînes dites musicales, à moins de ressembler à une jeune poulette de Bresse, avec short fluo fendant le croupion jusqu’aux oreilles).
Ces artistes ont besoin de conquérir un public qui puisse les écouter, les toucher, les aimer. Comment on fait Louise Attaque ou Tryo avant la reconnaissance et la fidélité ?
Au lieu de développer sur le long terme, les multinationales rendent les contrats des jeunes artistes signés dans l’année, et virent pour manque de résultats, MC Soolar, Vanessa Paradis ou Jacques Higelin…
Continuez comme ça, un jour vous serez à poil ! L’été c’est supportable, mais l’hiver avec le zizi de piscine et les raisins secs ce n’est pas beau à voir et c’est moins pratique pour aller claquer 15000 euros de costards dans la même journée.